Post-partum

Post-partum : les premières semaines après l’accouchement, ce qu’on aurait aimé savoir

Saignements, périnée, ventre, moral, rendez-vous : ce qui se passe vraiment dans les semaines qui suivent l’accouchement, ce qui aide, et quand appeler sans attendre.

Par l’équipe Mamaloa Publié le 16 min de lecture

Jeune maman assise sur un canapé, son nouveau-né endormi contre sa poitrine
Sommaire
  1. Le post-partum, c’est quoi, et combien de temps dure-t-il ?
  2. Les premiers jours, à la maternité puis à la maison
  3. Votre corps, semaine après semaine
  4. Rééducation du périnée et reprise du sport
  5. Le calendrier des rendez-vous après la naissance
  6. Le moral 
  7. Prendre soin de vous 
  8. Quand appeler la maternité ou votre médecin sans attendre ?
  9. Vos questions sur le post-partum

L’essentiel en bref

  • Durée : environ six semaines pour que le corps se remette en place, souvent plusieurs mois pour se sentir pleinement remise.
  • Saignements : les lochies (les pertes de sang qui suivent l’accouchement) sont abondantes les premiers jours, puis s’éclaircissent ; elles durent souvent jusqu’à environ six semaines.
  • Moral : le baby blues touche la majorité des mamans entre le 2e et le 5e jour et passe en général en moins de deux semaines ; au-delà, on en parle à un professionnel.
  • Rendez-vous : l’entretien postnatal (entre la 4e et la 8e semaine) et la consultation postnatale (dans les 8 semaines) sont obligatoires et pris en charge.
  • À tout moment : saignement très abondant, fièvre, mollet douloureux, essoufflement, maux de tête violents ou idées noires sont des raisons d’appeler sans attendre.

Le post-partum, c’est la période qui suit l’accouchement, jusqu’au retour des règles : environ six semaines, le temps que l’utérus, le périnée (les muscles qui ferment le bas du bassin) et les hormones retrouvent peu à peu leur fonctionnement d’avant. Côté maman, il dure souvent plus longtemps : se sentir de nouveau soi-même prend plusieurs mois, et c’est normal. Voici, semaine après semaine, ce qui se passe dans votre corps et dans votre tête, ce qui aide vraiment, les rendez-vous à ne pas manquer, et les signes qui doivent faire appeler sans attendre.

Où en êtes-vous ?

Ce sont des repères : chaque récupération a son rythme. Un signe inquiétant ? Quand appeler sans attendre.

Le post-partum, c’est quoi, et combien de temps dure-t-il ?

La durée de six semaines du post-partum est celle retenue par Santé publique France et par l’Organisation mondiale de la santé, qui recommande au moins trois contacts avec un soignant pendant cette période (OMS).

Mais c’est un repère médical, pas une ligne d’arrivée : à deux mois, une femme sur quatre ressent encore des douleurs liées à l’accouchement (Enquête nationale périnatale). Se comparer à un délai n’aide pas : chaque récupération a son rythme.

Les suites de couches : les toutes premières semaines

« Suites de couches », c’est d’abord le nom du service de la maternité où l’on vous installe après la salle de naissance (Assurance Maladie). Par extension, l’expression désigne les premières semaines où le corps se remet : l’utérus reprend sa taille, les saignements diminuent, les cicatrices se referment.

Le « quatrième trimestre », une image qui parle

Vous lirez peut-être l’expression « quatrième trimestre ». Elle vient des gynécologues américains et n’est pas une notion médicale officielle en France. Elle dit pourtant quelque chose de juste : après neuf mois de grossesse, les trois mois qui suivent la naissance méritent autant d’attention, pour vous comme pour le bébé.

Les premiers jours, à la maternité puis à la maison

Après un accouchement par voie basse (par les voies naturelles), on reste le plus souvent trois jours à la maternité, et quatre après une césarienne (Enquête nationale périnatale). Chaque jour, la sage-femme vérifie votre température, votre tension, votre utérus, vos saignements, vos mollets, votre cicatrice et votre moral. Une sortie plus précoce est possible, mais elle n’est jamais obligatoire : vous pouvez changer d’avis jusqu’au dernier moment (Assurance Maladie).

À la maison, une sage-femme vient vous voir. Après un séjour classique, c’est souvent à vous de l’organiser : contactez une sage-femme libérale (installée en ville) depuis la maternité, dès le lendemain de l’accouchement, pour une première visite dans la semaine, idéalement dans les 48 heures. Après une sortie précoce, la première visite a lieu dans les 24 heures, et certaines maternités proposent le programme Prado de l’Assurance Maladie pour l’organiser. Ce suivi est pris en charge à 100 % jusqu’au 12e jour (Assurance Maladie).

Jeune maman qui se repose dans son lit, son nouveau-né endormi dans un berceau à côté d’elle
Les premiers jours, le repos passe avant tout : dormir quand bébé dort, boire, se laisser aider.

La montée de lait (le moment où les seins commencent à produire du lait en quantité) arrive en général deux à trois jours après la naissance : les seins gonflent, se tendent, avec parfois un peu de fièvre. Si vous allaitez, des coussinets d’allaitement glissés dans le soutien-gorge absorbent les fuites des premières semaines.

Les saignements (lochies) : combien de temps ?

Les lochies, ce sont les pertes de sang qui suivent l’accouchement : l’utérus élimine peu à peu sa muqueuse. Elles sont rouges et abondantes les trois ou quatre premiers jours, parfois avec de petits caillots, puis deviennent brunes, puis blanc-jaunâtre vers le 10e jour. Elles durent souvent jusqu’à environ six semaines, et peuvent redevenir plus rouges pendant les tétées, quand l’utérus se contracte (NHS).

Les professionnels déconseillent les tampons et les coupes menstruelles jusqu’à la consultation postnatale, pour laisser cicatriser. Les premiers jours, les grandes serviettes de la maternité font le travail, mais elles glissent au moindre mouvement : une culotte de maternité ajustée les tient en place. Quand le flux se calme, une culotte menstruelle post-partum prend le relais des protections jetables.

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Les tranchées, ces contractions d’après

Pendant quelques jours, l’utérus continue de se contracter pour retrouver sa taille : ce sont les tranchées. Elles sont plus marquées pendant les tétées et chez les femmes qui ont déjà eu un enfant (Assurance Maladie). Si elles sont douloureuses, parlez-en à la sage-femme ou au médecin, qui peut vous proposer un traitement adapté ; si elles s’accompagnent de fièvre, consultez sans attendre.

Le périnée : épisiotomie, déchirure, cicatrisation

L’épisiotomie (une petite incision du périnée pour faciliter la sortie du bébé) est devenue rare : 8,3 % des accouchements en 2021, contre 20 % en 2016 (Assurance Maladie). Les petites déchirures, elles, sont fréquentes lors d’un premier accouchement. Dans les deux cas, les fils se résorbent tout seuls.

Une toilette deux fois par jour et un séchage soigneux, en tamponnant, aident à cicatriser. Après chaque passage aux toilettes, rincer à l’eau tiède est plus doux que s’essuyer : une douchette post-partum, remplie d’eau tiède, permet de le faire sans frotter. Le froid soulage aussi, à condition de ne jamais le poser directement sur la peau : une bande apaisante froide, enveloppée dans un linge, se place exactement sur la zone sensible (NHS).

Les points cicatrisent en général en quelques semaines. Consultez si la douleur augmente au lieu de diminuer, si la peau devient rouge et gonflée, ou en cas d’écoulement ou de mauvaise odeur : ce peuvent être les signes d’une infection.

Après une césarienne

Une naissance sur cinq se fait par césarienne en France (Assurance Maladie). On se lève dès le lendemain, avec l’aide de l’équipe, et l’on garde quelques jours des bas qui préviennent la phlébite (un caillot dans une veine de la jambe). La cicatrice, horizontale et basse, met environ six semaines à se refermer complètement : on la nettoie et on la sèche en douceur, avec des vêtements amples par-dessus.

Au début, ne portez rien de plus lourd que votre bébé, et attendez environ deux mois, le temps que la paroi du ventre se reconstitue, avant de reprendre le sport (HAS). Marcher un peu chaque jour, en revanche, est recommandé dès que possible.

S’asseoir sans douleur : hémorroïdes et coccyx

Les hémorroïdes (des veines gonflées autour de l’anus) touchent environ une femme sur cinq après l’accouchement (Assurance Maladie). Elles disparaissent en général en quelques semaines. Boire de l’eau, manger des fibres et ne pas pousser aux toilettes aident beaucoup.

Le coccyx, en bas de la colonne, peut aussi rester sensible après la naissance. Une serviette roulée dépanne, mais elle ne retire pas vraiment l’appui : un coussin coccyx, en anneau ou en U, laisse la zone douloureuse dans le vide et reporte le poids autour. Si la douleur ne s’améliore pas au bout de quelques semaines, consultez (NHS).

Votre corps, semaine après semaine

Le corps qui sort de l’accouchement n’est pas encore celui d’avant, et ce n’est pas un échec : il vient de porter un bébé pendant neuf mois. Le ventre, les règles, les cheveux, le poids se transforment à leur rythme, souvent sur plusieurs mois.

Le ventre après l’accouchement, et le diastasis

Juste après la naissance, le ventre peut encore donner l’impression d’une grossesse. L’utérus retrouve sa taille en six semaines à deux mois environ (Assurance Maladie), et les muscles, étirés pendant neuf mois, ont besoin de temps.

Le diastasis, c’est l’écartement des deux grands muscles qui descendent au milieu du ventre. Il est très fréquent : près de la moitié des femmes l’ont encore cinq à sept semaines après l’accouchement, et il se réduit souvent au fil des mois, sans délai garanti. En attendant la consultation postnatale, évitez de forcer sur les abdominaux (relevés de buste, gainage en planche) et préférez des exercices doux qui ne poussent pas le ventre vers l’avant. Si l’écart reste net au bout de deux mois environ, parlez-en : une rééducation abdominale avec un kinésithérapeute peut vous être prescrite et prise en charge (Assurance Maladie).

Maman debout près de la fenêtre, une tasse de thé à la main, qui porte une ceinture abdominale post-partum
Une ceinture post-accouchement apporte du maintien quand on se lève, qu’on marche ou qu’on porte son bébé.

Une ceinture post-accouchement apporte une sensation de maintien et de confort quand vous vous levez, marchez ou portez votre bébé, en particulier dans les jours qui suivent une césarienne. Elle accompagne la récupération, sans remplacer la rééducation que votre sage-femme ou votre kiné peut vous conseiller.

Notre sélection Ceinture post-accouchementPour se sentir soutenue quand on se lève, qu’on marche ou qu’on porte son bébé.Voir les 4 modèles

Le retour de couches

Le retour de couches, c’est le retour des règles. Sans allaitement, il arrive souvent cinq à six semaines après la naissance ; en allaitant exclusivement, il peut ne revenir qu’à l’arrêt ou à la diminution des tétées (NHS). Attention : on peut être enceinte avant même ce retour. L’ovulation (la libération d’un ovule, qui rend une grossesse possible) peut reprendre dès le 21e jour après l’accouchement, même sans règles et même en allaitant, sauf si trois conditions strictes sont réunies (bébé de moins de six mois, allaitement exclusif jour et nuit, pas de règles). Si vous ne souhaitez pas de grossesse rapprochée, parlez contraception à la maternité ou à la consultation postnatale (HAS).

Cheveux, sueurs, poids : les hormones font leur travail

Après la naissance, les hormones de grossesse chutent d’un coup. Les cheveux que la grossesse avait gardés tombent, souvent par poignées : la chute devient visible environ deux mois après l’accouchement, culmine vers quatre mois, et les cheveux retrouvent en général leur volume en six à neuf mois. C’est temporaire. Beaucoup de femmes ont aussi des sueurs nocturnes pendant quelques semaines ; si elles durent plus d’un mois, parlez-en.

Ne pas avoir retrouvé son poids en rentrant de la maternité, c’est normal (Assurance Maladie). Deux mois après la naissance, les femmes gardent en moyenne quelques kilos de la grossesse. Pas de régime si vous allaitez, et pas avant les trois mois de votre bébé sinon : une alimentation variée et de la marche suffisent pour commencer.

Rééducation du périnée et reprise du sport

La rééducation du périnée, ce sont des séances avec une sage-femme ou un kinésithérapeute pour retrouver la force des muscles du bas du bassin. Elle peut être prescrite à la consultation postnatale, mais elle n’est pas nécessaire pour toutes : elle sert surtout en cas de fuites urinaires ou de sensation de pesanteur au bas du ventre. Prescrite, elle est prise en charge à 100 % (Assurance Maladie). De petites fuites dans les premières semaines sont fréquentes ; si elles surviennent au moindre effort ou durent, n’attendez pas pour en parler.

Pour le sport, l’ordre compte plus que le calendrier :

  • Tout de suite (accouchement par voie basse sans complication) : la marche, en petites balades avec votre bébé.
  • Après avis médical : une activité plus soutenue, en général 4 à 6 semaines après une voie basse, et 8 à 10 semaines après une césarienne.
  • Après la rééducation : les sports avec sauts ou impacts (course, tennis, trampoline, sports collectifs), jamais avant d’avoir vérifié que le périnée est solide (HAS).

Bouger fait du bien au moral : l’activité physique réduit les symptômes dépressifs du post-partum et améliore le sommeil. Et si vous allaitez, elle ne change ni la quantité ni la qualité du lait.

Le calendrier des rendez-vous après la naissance

En France, plusieurs rendez-vous jalonnent les semaines qui suivent l’accouchement. Deux sont obligatoires pour toutes : l’entretien postnatal précoce et la consultation postnatale (Service-public).

Les rendez-vous après la naissance
Quand Quoi Bon à savoir
À la maternité Examen quotidien de la maman et du bébé Séjour de 3 jours en moyenne après une voie basse, 4 après une césarienne
Dans les 48 h après la sortie (24 h après une sortie précoce) 1re visite d’une sage-femme, de préférence à domicile À organiser vous-même après un séjour classique ; pris en charge à 100 % jusqu’au 12e jour
Entre le 6e et le 10e jour Examen du bébé chez le pédiatre ou le médecin généraliste Le premier certificat de santé du bébé est établi dans les 8 premiers jours
Du 8e jour à la 14e semaine Jusqu’à 2 séances de suivi avec une sage-femme, si besoin Allaitement, moral, soins du bébé, contraception
Entre la 4e et la 8e semaine Entretien postnatal précoce (un rendez-vous pour parler de vous, pas un examen) Obligatoire, avec une sage-femme ou un médecin ; seule ou avec votre partenaire
Dans les 8 semaines, en général entre la 6e et la 8e Consultation postnatale Obligatoire, prise en charge à 100 % ; c’est là que se prescrit la rééducation si besoin
Entre la 10e et la 14e semaine 2e entretien postnatal Proposé après un premier bébé ou en cas de signes de fragilité
10 semaines après la naissance Fin du congé maternité Pour un 1er ou un 2e enfant (18 semaines à partir du 3e)

L’entretien postnatal précoce est fait pour vous : on y parle de votre fatigue, de votre moral, de l’allaitement, de ce qui vous inquiète, sans examen médical. Il sert notamment à repérer tôt les premiers signes d’une dépression du post-partum (Service-public).

Le moral : baby blues, fatigue et dépression post-partum

Les premières semaines sont souvent plus dures qu’on ne l’imagine. Deux mois après la naissance, environ une femme sur six dit avoir trouvé cette période difficile ; la fatigue est de loin la première difficulté citée, et, parmi les femmes qui ont eu des difficultés, plus d’une sur trois parle d’un sentiment de solitude. Les mères dorment alors en moyenne environ 4 h 30 d’affilée par nuit (Enquête nationale périnatale). Vous n’êtes pas seule à le vivre.

Jeune maman émue sur un canapé, réconfortée par une amie qui lui tend une tasse de thé
Pleurer sans raison les premiers jours est fréquent : en parler aide déjà beaucoup.

Le baby blues

Le baby blues touche 50 à 80 % des mamans. Il apparaît entre le 2e et le 5e jour, avec un pic vers le 3e : larmes sans raison apparente, sautes d’humeur, irritabilité, anxiété, peur de ne pas savoir s’occuper du bébé. Il s’explique par la chute brutale des hormones et le trop-plein d’émotions, et passe en général en moins de deux semaines, sans médicament (Assurance Maladie). En parler, se reposer et se laisser entourer aident beaucoup.

Quand ce n’est plus le baby blues

Si la tristesse, l’épuisement ou l’anxiété durent plus de deux semaines, ou s’installent plus tard, il peut s’agir d’une dépression du post-partum. Elle concerne environ une femme sur six deux mois après la naissance (Santé publique France), et peut survenir à tout moment pendant la première année. Les signes : se sentir incapable ou coupable (« j’ai tout pour être heureuse et je ne le suis pas »), ne plus trouver de plaisir à rien, être épuisée en permanence, ne pas réussir à dormir même quand le bébé dort, avoir peur de mal faire avec lui.

Ce n’est ni une faiblesse ni un manque d’amour pour votre enfant, et elle se soigne. Parlez-en à votre sage-femme, à votre médecin ou à la PMI (Protection maternelle et infantile : des centres de suivi gratuits, près de chez vous). Avec le dispositif Mon soutien psy, jusqu’à 12 séances par an chez un psychologue partenaire sont en partie remboursées (Assurance Maladie). En cas d’idées noires, le 3114 répond gratuitement, jour et nuit.

Beaucoup plus rare, la psychose puerpérale (une crise psychiatrique aiguë après la naissance) touche une à deux femmes sur mille, en général dans les premiers jours ou semaines : confusion, propos étranges, humeur qui change brutalement. La personne ne s’en rend pas toujours compte : c’est souvent l’entourage qui doit appeler le 15, car c’est une urgence.

Prendre soin de vous : repos, repas, aide

Dans les premières semaines, votre priorité, c’est le repos. Dormez quand votre bébé dort, même en journée, et laissez passer le ménage : passer du temps avec votre bébé compte plus qu’une maison impeccable. Acceptez l’aide de vos proches pour les courses, les repas ou les aînés, et osez refuser une aide qui vous pèse. La charge mentale, souvent portée par les mères, augmente la fatigue et le risque de dépression : partagez les tâches et les nuits quand c’est possible.

Papa qui berce son nouveau-né pendant que la maman fait la sieste sur le canapé
Accepter l’aide de l’entourage, c’est aussi prendre soin de soi.

Côté assiette, pas besoin de régime particulier : des fruits et légumes, un féculent complet chaque jour, des légumes secs, du poisson deux fois par semaine et de l’eau à volonté, surtout si vous allaitez (Manger Bouger). Préparer quelques plats d’avance avant la naissance, ou les confier à l’entourage, change les premières semaines.

Préparez aussi ce qui servira à vous, pas seulement au bébé : protections, culottes, de quoi soulager le périnée, des vêtements amples. Le guide de notre sélection de sacs de maternité détaille ce qu’on y met pour la maman.

Le temps compte aussi. Le congé maternité dure 10 semaines après la naissance pour un premier ou un deuxième enfant. Votre partenaire a droit à 3 jours de congé de naissance puis 25 jours de congé paternité, dont 4 à prendre tout de suite (Service-public). Nouveauté pour les enfants nés depuis 2026 : chaque parent peut prendre en plus un congé de naissance d’un ou deux mois, à débuter dans les neuf mois (Service-public). Si vous êtes isolée, la PMI ou la CAF peuvent proposer une aide à domicile.

Quand appeler la maternité ou votre médecin sans attendre ?

Certains signes demandent d’appeler rapidement la maternité, votre sage-femme ou votre médecin, sans attendre le prochain rendez-vous, pendant les semaines qui suivent l’accouchement :

  • un saignement brutal et très abondant, avec malaise ou vertiges : appelez le 15 ;
  • des saignements qui augmentent au lieu de diminuer, de gros caillots, une protection trempée en une à deux heures, ou une odeur inhabituelle ;
  • de la fièvre (38 °C ou plus) ou des frissons ;
  • un mollet douloureux, gonflé ou chaud d’un seul côté ;
  • un essoufflement brutal ou une douleur dans la poitrine : appelez le 15 ;
  • des maux de tête violents, des troubles de la vue (points lumineux, vision floue) ou une douleur en haut du ventre, possibles jusqu’à six semaines après la naissance ;
  • un sein rouge, chaud et douloureux, avec de la fièvre ;
  • une cicatrice (périnée ou césarienne) rouge, gonflée, qui suinte ou fait de plus en plus mal ;
  • des idées noires, l’envie de vous faire du mal ou peur de faire du mal au bébé : le 3114, jour et nuit, ou le 15 en cas de danger immédiat.

Quand consulterUne tristesse, un épuisement ou une anxiété qui durent plus de deux semaines, ou des fuites d’urine au moindre effort, ne sont pas des urgences, mais méritent d’en parler à votre sage-femme ou à votre médecin sans attendre la consultation postnatale.

Dans le doute, appelez : les équipes de maternité préfèrent toujours être dérangées pour rien.

Vos questions sur le post-partum

Combien de temps dure le post-partum ?

Médicalement, environ six semaines : c’est le temps que l’utérus et les hormones reviennent à leur état d’avant la grossesse, jusqu’au retour des règles. Dans la vie, la récupération dure souvent plusieurs mois, et la dépression du post-partum, par exemple, peut apparaître pendant toute la première année.

Combien de temps faut-il pour se remettre d’un accouchement ?

Les saignements durent souvent jusqu’à six semaines, l’utérus retrouve sa taille en six semaines à deux mois, et une cicatrice de césarienne met environ six semaines à se refermer. Mais la fatigue, le périnée ou le ventre demandent souvent plusieurs mois : une femme sur quatre ressent encore des douleurs liées à l’accouchement deux mois après. Chaque récupération a son rythme.

C’est quoi, la règle du 5-5-5 ?

C’est un repère qui circule sur les réseaux sociaux : cinq jours au lit, cinq jours sur le lit, cinq jours autour du lit. Ce n’est pas une recommandation officielle. L’idée de fond, se reposer beaucoup les premières semaines, rejoint les conseils de Santé publique France, qui recommande aussi de marcher un peu chaque jour dès que possible.

Quand peut-on reprendre les rapports sexuels ?

Il n’y a pas de délai imposé : quand vous vous sentez prête, sans vous forcer. Après une déchirure ou une épisiotomie, les rapports peuvent être douloureux pendant quelques mois ; à deux mois, près d’un tiers des femmes n’ont pas repris d’activité sexuelle. Pensez à la contraception : la fertilité peut revenir dès le 21e jour.

Peut-on tomber enceinte avant le retour de couches ?

Oui. L’ovulation peut reprendre dès le 21e jour après l’accouchement, avant le retour des règles et même en allaitant. L’allaitement ne protège que si trois conditions sont réunies : bébé de moins de six mois, allaitement exclusif jour et nuit, et pas de retour de règles. Parlez-en à la maternité ou à la consultation postnatale.

Nos sources (12)
  1. Assurance Maladie (ameli.fr), « Suivi de la mère à la maternité », « Après l’accouchement : le retour à la maison », « Accouchement et retour à domicile » et « Après l’accouchement : baby blues et dépression du post-partum », consultés le 1er octobre 2026.
  2. Haute Autorité de santé, « Sortie de maternité après accouchement » (2014), « Contraception chez la femme en post-partum » (2019) et « Référentiel de prescription d’activité physique et sportive pendant la grossesse et en post-partum » (2019).
  3. Santé publique France, 1000 premiers jours, « Le post-partum côté corps », « Le suivi médical après l’accouchement », « Le baby blues et la dépression post-partum », « L’activité physique après l’accouchement » et « Deux rendez-vous pour aider à se sentir bien ».
  4. Santé publique France, « Prévalence de la dépression, de l’anxiété et des idées suicidaires à deux mois post-partum : données de l’Enquête nationale périnatale 2021 », 2023.
  5. Santé publique France, Manger Bouger, guide « De la grossesse à l’arrivée de bébé, avec sérénité », 2026.
  6. Inserm, DREES et Santé publique France, « Enquête nationale périnatale, rapport 2021 », publié en octobre 2022.
  7. CNGOF, recommandations pour la pratique clinique « Post-partum », 2015.
  8. Service-public.gouv.fr, « Grossesse : examens médicaux » (F963), « Congé de paternité et d’accueil de l’enfant » (F3156) et « Congé supplémentaire de naissance » (F39685), consultés le 1er octobre 2026.
  9. Légifrance, Code de la santé publique, article L2122-1 (entretien postnatal précoce).
  10. Organisation mondiale de la santé, lignes directrices sur les soins postnatals, 2022.
  11. NHS (Royaume-Uni), fiches « Your body after the birth », « Episiotomy and perineal tears », « Caesarean section – Recovery », « Your post-pregnancy body » et « Tailbone (coccyx) pain » ; Manuel MSD, « Soins du post-partum » ; American Academy of Dermatology, « Hair loss in new moms ».
  12. 3114, numéro national de prévention du suicide.